

Je l’annonce d’emblée, le web 3.0 n’est pas prêt d’exister. Tout du moins, pas sous ce nom. Nous dirons (enfin, je dirai) que ce 3.0 est un nom de code pour la version de l’internet de demain. Quand je dis demain, entendez quelques petites années. Deux ou trois. Pas beaucoup plus.
En fait, le web 3.0 est la mise à mort de l’internet que nous connaissons aujourd’hui. Quoi de plus archaïque que de devoir ouvrir un navigateur sur un ordinateur, y chercher les bonnes expressions pour que Google puise nous trouver à son tour un site dans lequel nous devrons à nouveau chercher l’information qui nous intéresse. Les notions d’arborescence, de plan de site et même de navigation sont un lourd héritage de la table des matières et autres index de nos livres.
Nous passons trop de temps à chercher l’information. Marketingement parlant, il intéressant que cette information soit camouflée autour de liens qui permettent de monétiser l’éditeur (produits associés, publicités, propositions de services, auto-promo, …). Mais ce n’est pas le service que cherche l’utilisateur.
C’est pourquoi je pense, humblement, que Siri est une menace pour Google car c’est une véritable révolution. C’est l’application du web 3.0 par excellence. Oublions le cadre et les informations parasites et remettons l’information en avant. Si je demande à Siri « Quel est le cinéma où se joue Intouchables le proche de chez moi », il va me répondre à ma question et c’est tout. On se fiche de la source finalement. On se fiche même d’Internet, celui-ci n’étant finalement qu’une infrastructure technique composé des kilomètres de fibre-optique, des routeurs, des interfaces réseaux et de serveurs de base de données gavées de contenus.
Ainsi, on oublie les jolis sites, les fioritures et le cadre imposé. On met fin aux standards jamais respectés et ainsi à la guerre des navigateurs. On force les éditeurs à proposer les meilleurs contenus. A proposer des modèles premium (paiement à l’article ou un extrait gratuit, abonnement, …).
C’est bien beau ça, mais comment accède-t-on à ces informations alors ? Logiquement, nous ne devrions pas avoir à nous poser la question. Les téléphones intelligents devraient être les premiers points d’entrées. Puis viendront nos postes de télévision (« J’aimerai regarder une émission de cuisine » et même « Vous avez un soupé dimanche, souhaitez-vous enregistrer Tout Le Monde En Parle ? » ), nos automobiles, …
Finalement, le web 3.0 va tuer les navigateurs, faire beaucoup de mal aux ordinateurs personnels et tuer beaucoup d’appareils en imposant une pseudo convergence. Une convergence matérielle d’une part mais également des données personnelles. Car la force de ce web omniprésent repose sur un accès permanent à vos propres informations. C’est là que le cloud joue un rôle capital. Et c’est encore là qu’Apple se positionne subtilement avec iCloud. La révolution ne passe pas par les services proposés aujourd’hui sur ce service mais par l’exploitation qu’il en sera bientôt faite. Et on comprend mieux les énormes investissements réalisés dans la construction de leur dernier centre de données.
Je vous le dis, nous allons encore vivre une belle révolution numérique. Et j’ai hâte de découvrir que je ne me serai pas trompé. Je l’espère en tout cas.
