Lettre à Monsieur Luc Ferrandez

Monsieur le Maire. Cela va bientôt faire une petite année que je vis sur le Plateau. Avec ses avantages et ses inconvénients. Résident permanent mais non citoyen, j’ai le droit de payer mes (lourdes) taxes et de ne pas voter. Logique qui me semblait évidente quand j’étais dans mon pays mais qui tient moins bien la route depuis que j’ai hérité du statut d’immigré. J’ai par contre le droit de m’exprimer sur mon blogue, tout comme vous, et je ne m’en prive pas.

Je ne suis pas un pro-Ferrandez. Ni un anti-Ferrandez d’ailleurs. Globalement, sans trop connaître les alternatives qui ne me sont de toute façon pas proposées, je suis plutôt en phase avec vos idées.

J’habite rue Clark, entre le Parc Jeanne Mance et l’artère principale de notre ville, l’avenue Saint Laurent. C’est vivant, bruyant, riche en odeur de bouffe et plutôt cosmopolite. C’est ce qui fait le charme du quartier. Par contre, nous souffrons d’un problème de propreté incroyable. Ou plutôt de saleté. Entre les bars et les restaurants qui déversent leurs ordures dans les ruelles (j’exagère à peine) et leurs clients qui jettent leurs détritus dans ma rue, je pense qu’il est temps de faire quelque chose.

Pour les ruelles, je n’ai pas trop d’idées si ce n’est de la verbalisation. Pour les gentils ivrognes, j’ai des propositions.

Non, les barquettes de poutine vides à terre ne sont pas jetées par terre par méchanceté.  Il n’y a tout simplement pas de poubelles dans la rue Clark. Si je pars de chez moi avec un papier dans la main, je devrais faire au moins 500 mètres avant de tomber sur un de ces rares décore urbain. Faites l’essai. Alors imaginez, à 1h du matin, un peu éméché, votre retrouvez votre char stationner sur un axe gratuit (notre rue donc), et là, rien pour jeter votre encombrant déchet.

J’ai une preuve ! Le montréalais, du centre ville ou des rives est un bon citoyen. En disposant moi même un bac une soirée, j’ai eu le plaisir de le retrouver à un tiers plein le lendemain matin. CQFD.

Si à chaque croisement de rue vous pouviez placer une poubelle, je suis certain que notre rue serait bien plus agréable. Et je pense même que nos voisins de l’est, la rue Saint Dominique, doivent être confrontés aux mêmes problèmes.

Ayant lu une entrevue récente où vous disiez lire tous les articles, postes, billets, statuts, tweets vous concernant, j’espère que ma contribution ne se perdra pas dans les méandres des réseaux sociaux, que je crois connaître un peu (on peut en discuter également, il manque d’outils de communication local, mais c’est un autre sujet).

Bien belle journée à vous. Pour ma part, je vais ramasser les saletés en bas de chez moi.

 

7 commentaires sur “Lettre à Monsieur Luc Ferrandez

  1. Aventure toi hors du plateau, tu t’apercevras que le problème est le même dans a peu prés toute la ville et que la contagion a même attend le métro ou la STM a décidé de retirer les poubelles des quai (à la station Papineau notamment, les quais sont affublés d’un ridicule panneau indiquant que les poubelles avaient changé de place!).

  2. Mox Folder> Sortir du Plateau ??? Non mais ça ne va pas la tête :-)

    J’essaie déjà de faire bouger des choses là où je paies mes taxes, ce sera déjà une bonne chose… Faudrait qu’on se boive un verre ensemble d’ailleurs…

  3. J’ai cru que t’écrivais à Luis Fernandez, j’te dis pas le choc. Bon courage pour ton combat.

  4. Bon courage dans ce combat pour la propreté. Une petite remarque cependant. Comme tu t’adresse à une « personnalité » locale, il serait bon de relire le billet et d’en retirer les fautes d’orthographe et/ou de frappe.

  5. Je suis partant pour le verre! T’as mon mail.

    Sinon pour les taxes je sais pas si tu as vu mais Ferrandez a quémander 2 millions à la ville (qui a refusé) pour boucler son budget, en ce moment il semble plus préoccupé à poser des parcmètres que des poubelles (qui faudra ramasser par la suite).

  6. Bonjour à vous M. Guinet,

    Nous sommes justement en train de réfléchir à la meilleure façon de mettre un terme à la situation que vous évoquiez dans votre lettre du mois dernier. Nous envisageons plusieurs actions sur la propreté, à petite et grande échelle. Au cours des prochains mois, vous devriez constater des améliorations, sinon réécrivez-moi.

    Mais d’abord, laissez-moi vous remercier et vous féliciter pour la conclusion de votre lettre, cet élan vers la solution la plus concrète, la plus spontanée et parmi les plus efficaces : la contribution personnelle, par civisme, par savoir-vivre, par optimisme aussi – celle de sortir un sac à la main pour entreprendre sa propre petite corvée. Sachez que je le fais souvent moi-même.

    Il se peut, comme vous le suggérez, qu’il manque des corbeilles à certains endroits clés, et nous sommes prêts à évaluer la pertinence d’en ajouter là où les citoyens constatent qu’il en manque. Mais chaque ajout occasionne une charge de travail additionnelle, pour laquelle il faut réaffecter un budget. Alors les choix doivent être pesés en fonction de leur efficacité et de tous les autres services essentiels que l’arrondissement fournit aux citoyens, et des importantes contraintes budgétaires auxquelles il fait face année après année.

    Je vous remercie aussi de ne pas avoir sauté à la conclusion que la Ville néglige ses responsabilités, ou que nos employés ne font pas leur travail. Nos éboueurs, publics et privés, ramassent tout ce qui se trouve sur leur chemin, au bon endroit et au bon moment. Notre défi collectif, celui qui appartient tant à l’administration municipale qu’aux citoyens, c’est de venir à bout de toutes les autres formes d’immondices et de manque de considération à l’égard du bien public. Dans certains secteurs, comme le vôtre, les déchets de tous ordres et de toutes grandeurs constituent un véritable fléau.

    Il m’apparaît que le problème d’incivilité auquel nous devons faire face en tant que société est grave, et pas uniquement pour ce qui est des papiers à la traîne. Vous y touchez vous-même lorsque vous écrivez : « Imaginez, à 1h du matin, un peu éméché, vous (vous dirigez vers votre char) et là, (vous ne trouvez) rien pour jeter votre encombrant déchet. » Vous me suggérez de faire en sorte que les rues Clark et Saint-Dominique soient mieux nanties de poubelles, ainsi les fêtards éméchés pourront faire preuve de civisme et de responsabilité. J’en prends bonne note.

    Mais savez-vous ce qui se produit avec les corbeilles dans des secteurs comme ceux de la rue Clark, où il est de plus en plus difficile de bien vivre, et où en conséquence il y a de moins en moins de citoyens qui s’enracinent et contribuent à la vie de quartier en disposant de leurs ordures de la bonne façon? Et bien elles sont vite remplies d’ordures ménagères, les fameux petits sacs d’épicerie, alors que les gobelets et les emballages qui y sont destinés se retrouvent par terre. Nous voilà guère plus avancés.

    Pour contrer le manque d’égard envers la société et le milieu de vie des autres que sont la négligence et le souillage désinvolte du voisinage, que ce soit par les excréments de chien ou les croûtes de pizza, il faut que nous mettions tous du nôtre, comme vous le faites vous-même. La question du souci, de l’implication et de la vigilance citoyens reste valide dans toutes les sociétés, même les plus performantes, même les plus soignées. Je concède que nous sommes loin de l’idéal, et je crois comme vous qu’il nous faut nous en rapprocher. Et ce rapprochement passe inévitablement par une augmentation de nos effectifs sur la propreté, comme l’ajout de corbeilles. Je les augmente depuis mon entrée en poste. Les résultats ne sont pas encore tout à fait au point, mais le virage est entrepris et nous nous rendrons à destination.

    Pour ce qui est du portrait que vous dressez, admettez qu’il est quand même perturbant. Si une personne en état d’ébriété s’apprête à prendre le volant d’un véhicule, peut-on vraiment compter sur elle pour enfouir son assiette de pizza dans la corbeille au coin de la rue? Vous conviendrez aussi que là n’est pas l’enjeu principal. Car les résidants et visiteurs en état d’ébriété qui jettent des déchets par terre sont aussi susceptibles de commettre d’autres comportements, comme hurler, se bagarrer, ou même heurter quelqu’un lors du retour motorisé à la maison. Je n’exagère malheureusement pas. Il faudrait admettre comme société que ces comportements sont inacceptables. Je suis prêt à faire ma part, mais tous ces problèmes ne relèvent pas exclusivement d’une mairie d’arrondissement.

    Je peux me charger d’ajouter des corbeilles là où il en manque. De votre côté, avez-vous des idées pour concilier les multiples dérives qu’occasionnent les soirées bien arrosées, et la quiétude et la propreté des quartiers pour lesquels les citoyens, comme vous, ont de la considération et de l’attachement?

    Luc Ferrandez
    Maire de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal

Laisser un commentaire