La recherche de demain sera-t-elle sociale ?

Graph Social FacebookLa semaine dernière, j’ai réalisé une présentation à une magnifique audience (comprenez « qui rigolait à mes blagues ») dans le cadre d’un 5@7 organisé par Montréal Accueil. Outre le fait que j’ai parlé pendant plus 1h30 sur les 45 minutes qui m’étaient allouées, des questions m’ont été posées sur Facebook Graph Search. Le sujet était frais de la veille, mais j’avais eu le temps de regarder ce que Facebook avait présenté (la veille, un métier !). Clairement, il y a des interrogations, mais pas encore beaucoup de réponses.

Si je devais vulgariser ma compréhension et les enjeux de cette annonce, voilà ce que cela donnerait.

Facebook a pour objectif de devenir un second internet. Forcément, dans ce walled garden, pas de place pour un autre acteur. Comprenez par là que Google n’a rien à y faire avec ses publicités et son moteur de recherche. Simplement, rivaliser avec Google n’est pas chose simple. Demandez-donc aux équipes de Bing, Yahoo, AltaVista… Mais chez Facebook, ils sont malins. Si je cherche quelque chose, la fait de savoir que mes amis aiment ou bien on laisser un commentaire, cela devrait m’aider à prendre ma décision et donc me faire gagner beaucoup de temps. Donc, si cherche un brunch pas loin de là où je me trouve, Facebook me répondra que Philippe a justement mangé au Vieux Saint-Laurent plusieurs fois cette année. Ses check-ins le prouvent ! Je veux m’acheter une nouvelle télévision ? Mon amie Catherine est très contente de sa Samsung 90″.

facebook Graph Search

Formidable, non ?

Ben non. Pas formidable.

Si sur le papier, c’est bien, à l’usage, ce n’est pas naturel du tout. Alors qu’ironiquement le moteur se veut en langage naturel : « un endroit où mes amis font du ski », « un restaurant que mes amis n’aiment pas », « des gens qui joue au curling dans ma ville ». Sincèrement, déjà qu’on ne se sent pas super intelligent quand on demande à Siri, de façon haute et claire « Que veux dire en français Gangnam Style ? », imaginez tout demander par rapport à ses amis, ses connaissances, les amis de ses amis qui ne sont pas forcément ses ennemis… Bref, je m’égare.

Ca, c’était pour la forme. Mais bon, les goûts et les couleurs…

Mais il y a le fond.

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On fréquente plein de sites internet. Si, si, ne vous voilez pas la face. Mais si vous vous le savez, sachez que Facebook le sait aussi. Car ils savent si vous avez aimez un article (ou plutôt si vous avez cliquez sur le bouton éponyme) mais ils savent surtout si vous êtes venu le lire. Oh, Google aussi me direz-vous. Oui, mais Google n’a pas l’open-graph et n’associe pas systématiquement une page à un type de contenu.

Donc, théoriquement, je pourrais chercher sur Facebook Graph Search « mes amis qui ne lisent pas mon blogue ». Bon, je viens à peine de m’y remettre, donc ce serait chien de ma part, mais tout de même. De la même façon la recherche « mes amis qui vont souvent sur le chaton-super-mignon.com » m’indiquerait efficacement mes amis qui auraient trop de temps libre. Mieux (et utile) : « amis fans de Star Wars mais pas de Star Trek libre samedi soir ». Pire : « personne travaillant avec moi qui étaient sur Internet entre 9h et 17h ». Ou alors jouer les Rapetout : « quelqu’un dans ma ville inscrite à un événement entre 20h et minuit ».

Facebook in my city

Bon, là, ça ne devrait rien donner. Car le mouchard de Facebook enregistre mais ne donne pas accès. Du coup, je me retrouve avec une recherche finalement assez tronquée et éloignée de la réalité. Du coup, je veux préserver ma vie privé (ce qu’il en reste) et au minimum choisir ce que je veux partager ou non.

Facebook est un bon outil social. Si, si, sincèrement. Mais peut-on tout socialiser ? Doit-on ? Non, Facebook ne va pas révolutionner la recherche. Et ils sont suffisamment intelligents pour le savoir. Mais allez expliquer ça aux marques et entreprises. Celles qui ciblent le grand public vont y voir une opportunité très intéressante pour y communiquer. Elles y dépenseront des milliers de dollars en publicité. Enfin, c’est le modèle tout du moins. S’attaquer à Google Keywords.

C’est mon avis. À date. À présent, attendons de voir, que l’outil soit officiellement lancé…

14 commentaires sur “La recherche de demain sera-t-elle sociale ?

  1. Oui je me disais aussi que tu réactivais ton carnet de note en ligne 😉 Tu as d’ailleurs bougé un peu les murs, non ?

    J’ai lu il y a quelques jours un article sur le même sujet (je ne sais plus de qui et où… hum). L’auteur avait pas mal de contact FB bossant CHEZ FB. Quand il a demandé quel était le restaurant où se amis se checkaient le plus (ou requête proche), Faccebook graph search lui a indiqué : la cantine de facebook. Donc pour le coup, le résultat est un peu (beaucoup) faussé dans ce cas précis. Ce n’est pas parce que j’ai beaucoup d’amis qui déjeune à la cantine du boulot, que cet endroit est particulièrement recommandable. c’est juste pratique.
    Il me semble également avoir lu que la recherche « négative » n’était pas possible (pour le moment) -> qui sont mes amis qui n’aiment pas les cowboys fringuants ?
    Avec toutes ces recommandations de nos amis sur fb, foursquare, Yelp ou autre, on risque aussi de passer à coté de la pépite et ne faire que des choix consensuels.

  2. Bonne analyse et j’aime bien la question que tu soulèves en disant  »doit on tout sociabiliser? »
    Je ne sais pas si Facebook fait fausse route mais ils explorent et se sera intéressant de voir comment les marques vont s’approprier tout ça…
    Étant également chargée d’aider mes clients sur les réseaux sociaux, j’ai tendance de plus en plus à leur conseiller d’autres réseaux, modes de communication que Facebook… Selon moi, les gens sont en train de se lasser des marques sur Facebook

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