Le grain de sable

Quelques mots. C’est ainsi que j’ai démarré. Je ne savais pas pourquoi je lançais là-dedans. L’écriture n’était pas mon truc, je trouvais qu’un blogue était une forme trop réduite de site et trop standardisée. C’était donc sans compter la force des mots, des idées et des communautés. Il ne m’a pas fallu trop de temps avant de réviser mes sales pensées.

J’ai donc changé rapidement d’idée. J’ai aimé jouer avec mes idées, mes fantaisies, mes délires, mes souffrances aussi. Bloguer m’a changé.

Mais la tendance à avoir accès un accès toujours plus rapide à l’information a tué les blogues. Des plaisirs de lire et d’apprendre, nous sommes passés à un besoin de superficialité immédiate. On creusera plus tard si nécessaire. Voir même on vérifiera un autre jour. Il faut d’abord partager. Vite. Là. Maintenant.

Je ne l’aimais pas ce jeu. Oh, j’ai bien essayé de rentrer dans cette nouvelle cour des grands. Mais le combat était inéquitable. Moyen en beaucoup de choses, il me manquait la pointe d’expertise aiguë qui me différencierait. J’ai laissé tomber. Puis, il y avait pas mal d’autres choses à faire, à découvrir, sur des plateformes plus modernes. Twitter, Facebook, Instagram… Des plateformes très limitées finalement et trop standardisées. Encore une fois. Je les utilise. Mais je ne les aime pas.

Aujourd’hui j’ai mangé du chou-fleur. LOL.

Je me suis trompé. Rien n’a vraiment évolué. Le bassin d’audience des blogues n’a jamais été important. Il est aujourd’hui un peu plus dilué dans la masse de contenus parasites, mais le volume est toujours là. Il a toujours été là.

Mon blogue est donc toujours en-ligne.
Moi, non.

Pourtant, j’y tiens. À mes débuts. Mes premiers billets. Mes premiers commentaires. J’y tiens plus qu’à 15 « like » éphémères.

Dan Gillmor nous présentait comme des média. Pas individuellement. C’est l’ensemble qui donne de l’influence. J’étais un de ces grains de sable, minuscule, mais tellement important. Oui, je rebondis facilement sur la grande traine, un grand classique. Mais j’étais tellement fier de ce que j’étais. J’existais en tant que Damdam. Aujourd’hui je ne suis plus qu’un produit en mon nom.

Je me fiche de savoir qui va lire ce billet. Assez égoïstement, je l’écris pour moi avant tout.

Demain, je pars en vacances. Je vous le dis ici. Pas ailleurs. Car n’est-ce pas le meilleur endroit pour redevenir ce petit grain de sable qui me manque tant…

5 commentaires sur “Le grain de sable

  1. j’aime bien, mais d’un autre côté, t’as pas participé à la concision aussi avec le blog-it? >)

  2. Bonnes vacances.
    L’intérêt du blog, c’est que j’ai beau avoir été déconnecté quelques jours, j’ai vu ça retomber dans mon flux RSS… pas comme si j’avais regardé mon flux Twitter ou Facebook…

  3. Je te vois !
    J’ai attendu ton retour de vacances pour voir, et lire, ton article. Non à vrai dire, j’ai ouvert, par erreur, Netvibes que je n’avais pas utilisé depuis des mois. Et j’ai vu que tu avais pensé tout haut.
    Je comprends parfaitement et me retrouve dans ce que tu as écrit, au moins partiellement. J’apprécie un peu plus que toi les « nouvelles plateformes ». Mais sinon, tout pareil.
    Bon retour de wacances !

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