Le leadership, un frein à l’innovation ?

Sans être en position dominante, on peut dire qu’Apple profite d’une situation hyper privilégiée et d’un véritable leadership dans l’industrie des téléphones intelligents. L’iPhone a été une étape importante qui a servi d’étalon pour l’ensemble des acteurs du marché. C’est un des véritables bénéfices de l’innovation, c’est que nous, les consommateurs en privilégions directement.

Seulement, innover, c’est savoir prendre des risques. Quand tu pars de zéro, tu n’as pas grandes choses à perdre de faire les choses différemment. Au pire, tu gardes tes petites parts de marchés. Au mieux, tu rentres dans l’histoire. C’est ce que l’iPhone a permis à Apple.

Depuis, l’iPhone a bien évolué et en quelques années est devenu un produit mature avec un OS stable et répondant bien aux besoins. Des millions d’unités vendues plus tard, où sont passés les innovations. Sans chercher une rupture systématique, on ne peut pas dire qu’iOS ait radicalement changé depuis son lancement en 2007, il y a donc plus de 5 ans à présent. Non, et c’est justifié par des résultats qui se portent bien et qui ne justifient pas de changer des choses pour le seul plaisir de changer.

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En leader sur le marché, trop innover serait risqué. Il n’y a qu’à voir le bruit qu’à fait l’annonce de l’iPhone 5 et de son connecteur Lightning qui remplace une connectivité mise en place en 2003, il y a 10 ans (une autre ère !).

L’open-source, la solution pour l’innovation ?

Et si la solution reposait sur l’open-source ? Je ne pense pas à Android, malgré les apparences, mais plus au modèle Linux. On « laisse » la communauté gérer le moteur, la partie cachée mais essentielle et on se concentre sur la partie physique, la couche apparente de l’OS. C’est en partie ce qu’Apple fait avec Safari (moteur html WebKit) ou même iOS/OS X dont Darwin, le noyau BSD, est totalement ouvert. Mais il y a encore de belles opportunités de ‘ouvrir encore plus.

Apple se concentrerait ainsi sur les interfaces, univers où elle excelle, abandonnant les effets et textures bling-bling qui n’apportent rien et ne sont que des caches misères.  Des révolutions sur les usages et non sur des fonctionnalités ou des démonstrations de savoir faire dont nous n’avons que faire.

Ne parlons plus d’Apple

Révolutions et ruptures ne doivent donc pas être comparées avec des mises à jour (qui apportent leur lot de nouvelles fonctionnalités). Pour citer Spiderman (oui, oui) : « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ». Ce ne concerne pas que les héros de comics. Microsoft n’est plus le géant qu’il était. Malgré des budgets colossaux en recherche et développement, son produit phare qu’était Windows s’est embourbé car il n’a pas directement bénéficié des fruits de ces investissements. Par contre, la forme de Redmond a su s’imposer dans un secteur où elle n’était pas attendue avec la Xbox. Elle s’est plantée avec le Zune, mais doit-on lui reprocher d’avoir essayer ? Elle a le mérite d’avoir proposée son approche plutôt qu’une copie. Et finalement, c’est Windows 8 qui a récupéré les restes du Zune avec l’interface que l’on ne doit plus appeler Metro.

Je pourrais aussi parler de BlackBerry. De Sony. De Nokia. Et d’acteurs d’autres acteurs. Car l’innovation doit être nos moteurs. Le budget R&D n’est finalement que l’avenir sur lequel l’entreprise doit pouvoir s’appuyer. Avec un biais important cela-dit. C’est quitte ou double.

4 commentaires sur “Le leadership, un frein à l’innovation ?

  1. Finalement rien d’autre que du prévisible qu’on a déjà vu à l’œuvre chez de nombreux mastodontes de l’informatique mais aussi de nombreux autres secteurs.

    Un challenger ou un nouvel entrant n’a pas de « chateau » à défendre. Poussé par ses fans il peut tout oser et n’a finalement pas grand chose à perdre à innover ou pivoter. Quand ils commencent à avoir une base installée beaucoup plus large que la base fan ça se complique car dans sa majorité elle est aussi allergique au changement dans ses habitudes qu’elle était en recherche de nouveauté lorsqu’elle a fait le choix des produits en question. En plus de cela il y aussi le fait qu’en s’agrandissant la base perde en cohérence et qu’il devient de plus en plus difficile de satisfaire tout le monde à chaque changement/nouveauté/amélioration.

    Editeurs de logiciels, fabricants de hard, constructeurs automobiles….voire banques, compagnies aériennes etc… tout le monde est ou a été confronté à la même situation. C’est ce qui fait que la roue tourne toujours et que le leadership n’est jamais que provisoire malgré les qualités et les efforts des uns et des autres.

  2. En réponse à la question du titre : oui, définitivement. Je ne suis pas pour le changement juste pour le changement et je ne pense pas que la course au progrès soit toujours très saine mais c’est clair que dans le cas d’Apple l’unique raison est qu’ils n’en ont pas/plus besoin. Leur base de clients est assez grande.

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