L’empire du canard contre attaque

Peniches Fut un temps où Mademoiselle et moi nous promenions sur les berges de Seine, pour profiter des délicates effluves de notre fleuve adoré et pour admirer la collection d’étrons, majoritairement canins, qui parsemaient notre chemin. Le vélo aidant, nous faisions bien souvent des haltes, admirant le paysage que les péniches nous offraient en nous dévoilant sans trop le savoir, toute leur intimité. Au milieu, de ci de là, des canards évoluaient, et nous en profitions pour nous débarrasser de nos croutes et autre pains rassis. Les « coin coin » nous emportaient, nous dépaysant, un peu comme si nous étions à la campagne, et non dans le 9-2, à quelques mètres de stations de métro, centres d’achats et autres autoponts ultra-urbain.

Aujourd’hui, on paie une certaine fatigue et une certaine prétention égoïste à vouloir privilégier nos samedi à du magasinage et nos dimanches à des siestes, plus ou moins crapuleuses, balade dans le Marais ou tout autre marathon DVD, comme l’intégrale de Six Feet Under en ce moment. Oubliant quelque chose d’essentiel. Elle. Les roulettes du vélo ont été démontées, le vélo rangé. Les canards ont été gavés, fêtes de Noël obligent. Et toi, Mademoiselle, tu te niches contre nous, appliquant nos caprices, nos envies, nos règles. Oh, tu n’es pas à plaindre, attention, n’y voyez pas une forme de culpabilité. Mais il y est des moments qu’il faut partager et marquer. Ces moments tellement simple et exceptionnel qu’ils deviennent des souvenirs.

Ce week-end mon petit cœur, on va nourrir les canards. C’est chiant, mais tellement important.

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