Les média sociaux sont-ils dans le scope des agences de RP ?

C’est une question qui se pose souvent. Est-ce que les agences de relation presse doivent également s’occuper de la sphère interpersonnelle ? Est-il pertinent qu’elles proposent à leurs clients l’animation d’espaces sociaux ? Sont-elles à même de recommander une présence de marque sur des plateformes comme Twitter ou même Foursquare ?

Je pense que mon expérience dans le domaine des RP et dans le monde du marketing sur Internet, ainsi que le simple fait que je sois un utilisateur (pas lambda, je l’admet) m’autorise à prendre position. Plutôt, à prendre des positions.

OUI. A une époque où la presse traditionnelle souffre, il est évident que ces agences ont besoin de se positionner sur des nouvelles plateformes. La première étape a été de s’attaquer à la blogosphère. Ah, c’est certain, au début, ces agences ont plutôt snobé ces individus qui n’avaient pas beaucoup d’audience. Mais assez rapidement, elles ont commencé à intégrer dans leurs fichiers presse quelques influenceurs. Aujourd’hui, c’est une évidence. Les critères de sélection sont bien souvent assez obscures mais avec la professionnalisation de nombreux blogues, cela commence à s’assainir. Je ne parle bien entendu que des supports super légitimes et crédibles sur un sujet. Les autres (moi le premier), n’ont pas nécessairement leur place dans un fichier d’une agence.

OUI. Créer une page Facebook ou un jeu Foursquare peut-être une belle occasion de prise de parole. Le métier de base de l’agence de RP est de raconter une histoire qui puisse avoir un maximum d’aspérités et de sympathie pour qu’un journaliste se dise « Wow, ce sujet va me permettre de faire un super article ». Sortir des marronniers et se différencier, c’est donc une excellente chose.

Mais…

NON. Ce n’est pas le rôle de l’agence de RP de concevoir des dispositifs mettant la marque en relation avec ses clients ou ses prospects. Les indicateurs de succès sont différents des RP. Amusez-vous à dédupliquer une audience et à calculer des équivalences média pour  valoriser une action de PR online auprès d’influenceurs. Sans parler d’un statut publié sur une page Facebook. Qu’en faites-vous ? Est-ce que 12 « J’aime » sur un article c’est bien ? Et puis, ces fans Facebook, doivent-ils être gérés par les RP, le CRM, la communication, le marketing, … ? Rien que chez l’annonceur, la réponse n’est pas évidente (même si de mon point de vue, cela m’arrangerait que cela soit au marketing).

NON. Attaché de presse est un vrai métier. Je ne vois pas pourquoi on demanderait à un expert métier d’exécuter des tâches qui ne sont pas dans son scope. Les hommes orchestres, c’est sympa, ca amuse la galerie. Mais je n’ai jamais entendu une œuvre majeure de la part de l’un de ces spécimens. Bref, soit on bidouille (et les résultats seront alors aléatoires), soit on se spécialise.

Donc…

Les agences de RP ne doivent pas subir une mutation et changer de métier, mais on une position idéale pour recommander des actions complémentaires. Néanmoins, l’exécution, le suivi, l’optimisation, la rationalisation des investissement et les reporting doivent être confiés à des agences dont c’est le métier. Facebook change les règles du jeu en permanence, il faut donc une agence souple, à l’écoute du marché et des tendances. Ce que vous recommandez aujourd’hui à un client ne sera peut-être plus valable le jour de son exécution. Et oui, le web, ça va vite. Très vite. Alors, évidemment, un dispositif innovant, ça fait peur aux clients. Mais si vous êtes un expert du web, vous êtes plus légitimes et crédibles pour faire passer l’idée. Et vous minimisez les risques de plantage. Cette connaissance permet aussi de définir les meilleurs KPIs et parfois de remettre le client dans la bonne direction (la communication, le buzz, tout ça, c’est sympa, mais n’oubliez pas vos objectifs premiers et le ROI).

Le social media n’est pas un hobby. La courbe d’expérience est importante et il faut savoir réagir rapidement. Avoir le digital dans son ADN est également un élément important. En bloguant, mais surtout en créant Blog-It Express (Twitter avant Twitter tout de même) et Boarding (Foursquare avant Foursquare), j’ai appris beaucoup plus qu’en lisant des livres d’experts et de gourous.

Bref…

Laissons les RP aux agences de RP. Laissons les agences de RP proposer à leurs clients des opérations digitales. Mais s’il vous plait, consultez des agences dont c’est le métier pour concevoir et opérer ces dispositifs. Le succès et les conseils apportés ne pourront que vous rendre plus crédibles (et donc indispensable) auprès de vos clients.

Oui, vous l’aurez compris, mesdames et messieurs les agences de RP, avec Heaven Canada, je suis prêt à vous aider et à vous accompagner auprès de vos clients.

4 commentaires sur “Les média sociaux sont-ils dans le scope des agences de RP ?

  1. Je suis pas d’accord avec tout ce que tu dis…

    Je suis d’accord que le web et les médias sociaux sont des outils qui doivent être gérés par des pros.

    Mais je pense que tu confonds relations publiques et relations presses. Les relations presses demandent créer un contact avec le journaliste qui va reprendre ton info. Les relations publiques est bien ça le dit: c’est créer des relations avec ton public. Les médias sociaux entrent donc tout à fait dans le champs des RP et non les agences en utilisant les médias sociaux ne ‘changent pas de métier’.

  2. Good point.
    @myriam ton point est théorique. En réalité les relations publiques devraient s’appeler relations avec les consomateurs et oui elles se font que au point de vente, support à la clientèle ou sur les médias sociaux. Et les firmes de RP que je connais font des relations presse et relations publiques tout en gardant un discours très formel et légal.

    La conversation sur les médias sociaux est authentique et transparente, discours que les firmes de RP ont de la difficulté à s’approprier, sans compter les aspects techniques. Donc les RP devraient travailler avec des spécialistes social media.

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