On the (rail) road again

Siège 104, 1er étage de la voiture 3. Je suis dans le TGV 6176 à destination de Paris – Gare de Lyon. Madame lit ses magazines de bonne femme pendant que Mademoiselle salue les vignes par la fenêtre avec ses Barbies parfum Coco. Ça sent jusque-là. Que c’est écoeurant ! J’ai vaguement tenté une partie de jeu sur le portable, mais rapidement, je me suis rappelé que je trouvais ça rapidement chiant. Alors, j’ai lancé mon éditeur de texte, et j’ai commencé à écrire ce texte. Dans quelques minutes, notre dernier arrêt avant Paris, Aix-en-Provence. Je trouve que « Provence » est un joli mot. Ça chante le sud. Ça sonne mieux que Roubignole par exemple. Imaginez un instant :

« Je descends en Roubignole. à Aix-en-Roubignole. Puis j’irais ensuite à Salon-de-Roubignole. C’est un beau pays la Roubignole. Je prendrais bien un verre de Côte-de-Roubignolle. Excusez-moi, mais ça me gratte les provences »

Tgv_1Mademoiselle revient vers moi, encore et encore.

« Quand est-ce que je peux regarder Mary Poppins sur ton ordinateur ? »

Quel luxe d’être un gamin au XXIe siècle tout de même. Dans mon Corail à l’époque, le seul jeu était l’arrachage des étiquettes en papier désignant les sièges réservés et une fois plus grand, la prise d’équilibre dans le soufflet. Je me demande même si les trains étaient climatisés. Pas les bonnes vielles Micheline en tout cas.

« Papa, j’ai envie d’aller aux toilettes… »

Bon, c’est à présent clair, elle à décider de ne pas me lâcher. Sa mère feint de ne pas entendre. C’est pour moi donc. V’là ti pas donc qu’elle joue avec le bouton de réglage de l’assise. Avant (ok), arrière (pas ok), avant (ok), arrière (pas ok), ava…

« Ça suffit maintenant !!!! »

Avant (OK !!!). Allez, on file aux toilettes (pourquoi est-ce invariablement aux pluriels ?). Le royaume du microbe, de la mycose, de traces odorantes, des sols humides de pisse, bref, la cradeur dans toute son essence, la puanteur dans toute sa splendeur. Nous sommes dans les chiottes du TGV. Si, si, SNCF, c’est possible.

Dans quelques heures, nous sauterons dans un taxi. Direction Issy-les-Moulineaux. Des voisins nous auront fait quelques courses, histoire d’avoir quelque chose à manger ce soir. Ils nous auront remis l’eau chaude, histoire de se laver un tant soit peu. Envie d’être tranquille ce soir. Le plaisir de rentrer chez soi. Le plaisir de lancer les machines, trier le courrier, vérifier le potager… Enfin, je vais mettre ce texte en ligne. Je ne sais avec quelle photo je vais l’illustrer. Un TGV ? Un microbe ? Une roubignole ? On va voir. Je ne sais pas encore. Mais vous, vous le savez déjà.

Et demain ? Demain, et bien la vie va reprendre son train. A moindre vitesse. Reprise de l’activité, découverte des nouveautés, du trafic avec l’autopont voisin qui a été détruit ce 15 août, découverte du centre aéré pour Mademoiselle (et oui, fini la belle vie. Fini piscine et Croisette ! La vrai vie reprend. Elle est dure, on t’y prépare !). Madame va prendre des nouvelles d’une nouvelle piste professionnelle, suite à son entretien avec les RH d’une grande entreprise française. Et oui, il faut bien bouger dans la vie. Rien n’est plus triste que le statique et l’immobile. Nous prendrons aussi des nouvelles de l’offre que nous venons de faire dans un projet immobilier. Puis nous allons encore une fois être confronté à nos traditionnelles histoires de nounous. Puis de bambous. Puis de barbecue. Puis de cul. Puis le boulot. Ça va bouger. Ça bouge déjà. Je n’aurais pas de surprise, ma boîte mail a été consultée quotidiennement. Triée. Toujours ça de gagner. Le temps est précieux.

Qui a dit métro, boulot, dodo ? Celui là, je ne l’envie pas.

12 commentaires sur “On the (rail) road again

  1. Bienvenue à Paris Pluie, courage pour la reprise mais vous êtes bien reboostés, remontés, revitaminés, reensoleillés …

  2. Bon retour à la vraie vie que personne n’a vraiment choisie mais que tout le monde accepte sauf pour quelques exceptions dont je l’espère tu fais partie (ça, c’est de la phrase de retour).
    Au fait, si tu trouves les toilettes du TGV « cracra », je peux te donner d’autres endroits bien pires au niveau des latterines que l’on peu d’ailleurs appeler « chiottes » sans être vulgaire au vu de leur état.
    Concernant les « Mademoiselles », je crois que, si elles ne nous sollicitaient pas, nous serions malheureux.

  3. J’aime bien cette note l’ami… Je vois que la région RACA te fait du bien !!!

  4. La disparition de l’autopont met le bordel ! ça avance pas ! on se croirait sur le périph aux heures de pointe !
    Ad’taleur !

  5. Bon courage.
    Et fais attention, celui qui a dit: métro, boulot, dodo est capable de te dire aussi que si tu ne reviens jamais de vacances, tu n’auras jamais le plaisir d’y retourner.
    (pfff !)

  6. Ah la recherche de l’équilibre dans le soufflet du corail… Bon, je suis de retour aussi. Mais j’étais en Charentes-Roubignoles. Ca sonne mieux, non ?

  7. Merci pour cette charmante description de retour, pas à pas (presque) et l’image, si bien choisi de la mademoiselle! courage pour le retour!

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