Pas de nuage sans WiFi

Dimanche matin, 10h30. Je suis dans le chalet de Morin-Heights, après avoir déposé mes filles à leur cours de ski. Je sors mon MacBook et lance Word, pour rédiger ce billet. Il n’y a aucun réseau WiFi ouvert ici. A quoi bon, cette halte n’est sensée durée que le temps du diner, avant de retourner sur les pistes.

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Mais moi aujourd’hui, je ne ski pas. On se fait vieux, que voulez-vous. Il y a surtout des choses à faire à la maison et donc nous ne resterons pas une fois les cours achevés. Et du WiFi, donc, il n’y a point. Mais cela ne doit pas m’empêcher de travailler. Au contraire, pas de web signifie plus d’assiduité sur le document en cours. Impossible de détourner le regard, de vérifier qui vient de liker ma publication ou même regarder ce courriel que je n’attendais même pas. Non, je suis concentré.

No WiFi no cry!

Et là, je pense à mes amis qui dépendent totalement du nuage. Du « cloud » comme on dit en bon français. Ceux qui n’ont pas installé la suite Microsoft Office (ou l’équivalent ouvert) au profit d’un Google Docs. Ceux qui n’ont pas de logiciel de messagerie car Gmail est tellement chouette qu’on a plus besoin d’autre chose. Ceux qui, finalement, ne sont plus maitre de leurs documents.

Cloud

Vous m’avez compris, je ne suis pas un fervent défenseur des données dans le nuage. Outre le fait que le terme est hyper galvaudé et n’est qu’un travail marketing pour dire « vos données stockées sur Internet ». Mais ça, ça ne laissait pas entendre qu’il y avait de l’innovation.

L’informatique dans le nuage n’est qu’un concept. Et les ordinateurs du type ChromeBook sont intéressants, mais extrêmement limités (au WiFi en l’occurrence). Est-ce pour cette raison que Google développe des réseaux WiFi dans certaines villes ? Peut-être. Et puis je parle de WiFi mais cela-dit il reste possible de se connecter en 3G/4G. Théoriquement. Car soyons honnêtes, aujourd’hui, cela reste une démarche compliquée que de connecter son cellulaire à son ordinateur. Et je ne vous parle pas des 500Mo de mon forfait et du tarif exorbitant du Mo supplémentaire !

Comment fais-je alors ?

A titre personnel, ma configuration est un bon mixte de tous cela, sans pour autant être une usine à gaz. Mes données professionnelles sont stockées sur un NAS (on va résumer ça à un disque dur accessible sur le réseau interne mais aussi via Internet) avec des disques de sauvegarde qui ne sont géographiquement pas au même étage dans la maison. Mes archives personnelles également. Mes documents personnels en cours sont sur ma machine personnelle. Ces dernières sont sauvegardées sur une TimeCapsule, chaque matin. Et cette dernière est sauvegardée sur un serveur chaque semaine.

J’ai une suite Microsoft Office et utilise Apple Mail pour consulter mes comptes, pro et perso, hébergés chez Google. On duplique de l’information, c’est vrai, mais mes données sont ainsi accessibles de partout.

Mes données sont trop précieuses pour les perdre ou n’y avoir accès que lorsque le WiFi me le permet.

Saturation

Je sature. Je n’ai plus de plaisir à utiliser les réseaux sociaux comme auparavant. Fût une époque où je passais beaucoup trop de temps sur Twitter. On construisait le réseau, d’une certaine façon, on rencontrait des personnes, on échangeait avec d’autres inabordables et on payait les pots cassés avec des baleines volantes qui nous rendaient dans le même état que si les Mayas avaient eu raison.

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Puis, avec beaucoup d’hésitation, j’ai commencé à partager un peu plus sur Facebook. Au tout début, quand la peinture était encore fraîche, j’avais demandé à tous les « Guinet » sur le réseau de devenir mes amis. En avril 2008, j’étais fière de mes 493 faux-amis ! C’était comme un jeu à l’agence, de celui qui « aura la plus grande ». Après avoir eu beaucoup trop d’inconnus dans ma timeline, j’ai commencé à masquer certains contenus, puis à filtrer, pour finalement éliminer ces trop nombreux inconnus. Aujourd’hui, j’y ai 670 amis et 322 abonnés, cadre qui me permet d’aborder des sujets plus personnels sur mes flux privés.

Enfin, il y a eu Instagram. Ah, le bonheur de partager les belles assiettes, la crème de ton café, de se prendre en photo en quittant l’avion faisant croire que t’as volé en First alors que tu traverses la cabine après ton vol en bétaillère. Et puis, c’est tellement orignal et différent une photo avec un effet polaroïd. Des années de recherches en optique pour ensuite développer des filtres qui ajoutent des halos et des traces de doigts… Mais pouvoir partager des moments en photo, c’est tellement génial.

Non, je ne vais citer Google+, LinkedIn et toute la clique. Le fond de ma réflexion sera le même. Donc imaginez 🙂

Puis là, tout est connecté. Tout ce qui est dit à un endroit l’est ailleurs. Ce qui est privé sur une plateforme est public sur une autre. Et même localisé sur une autre. Alors on se dit que c’est moins marrant. Car oui, nous, les produits, on cherche à tirer du plaisir de ces réseaux. Du coup, je vais rarement sur Instagram. Je ne regarde plus Twitter, sauf quand je suis mentionné. Je fais quelques visites sur Facebook, mais avec peu d’activité. Et je partage des contenus plus techniques, plus professionnels et de façon moins humaine et plus industrielle.

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Alors je pense. Je rêve. Je me projette dans ce qui serait un réseau social idéal. Dans mon idéal tout du moins. Je segmente, je mélange, j’exporte et déplace des contenus, j’enrichi ceux des autres, je construit, j’organise. Sans rentrer non plus dans la rigueur d’un wiki ni la monarchie d’un forum. Et là, je repense à Topeeks (les feuilles d’érables étaient déjà là), que j’ai amorcé en décembre 2007 et abandonné en octobre 2008, qui organisait la timeline, enfin les timelines plutôt, par chronologie et intérêt et dont les commentaires étaient aussi riches que la publication originale. Un service sur lequel il était prévu que de réseaux se greffe, par une API simple, permettant d’agréger en une place ses communautés. Putain, c’était il y a plus de 5 ans.

Une tempête de cerveaux à prévoir et on va le lancer ce nouveau réseau. Au goût du jour. Que dis-je, au goût de l’avenir. Du made in Montréal, dans un Canada qui veut aider les entrepreneurs à venir s’installer dans le froid et la poutine.

Donnez moi du temps. Je vous donnerais du mien.

Et j’aurai le sourire en ligne à nouveau.

Mon avis sur une grande gueule du web

L’autre jour, quelqu’un m’a demandé ce que je pensais des avis de l’une des papesses du web ici à Montréal. Ma réponse fut assez simple. Je ne partage pas forcément tous ses points des vues et je pense même qu’elle se trompe sur certains points. Mais le web ayant la fâcheuse habitude de changer radicalement du jour au lendemain qu’il faudrait avoir un sacré melon pour critiquer l’avis de quelqu’un et affirmer ce que sera l’avenir (dans le cas du web, l’avenir, c’est entre 3 et 6 mois). Par ailleurs, avec sa grande gueule, elle assume à 100% ses partis pris et défend bec et ongles ses positions, à l’inverse des nombreuses girouettes influencées par ceux qui s’auto-déclarent guru du web social 2.0.

Donc Michelle, non, je ne partage pas ton approche systématiquement ultra-blogue et anti-Facebook (résumé rapide, je l’avoue). Nous sommes différents et c’est justement ce qu’y fait la beauté de notre monde. C’est ce qui justifie nos mandats (même si nous n’intervenons pas au même niveau). C’est ce qui explique aussi l’audace de certaines marques, de prendre des chemins différents, en jouant à quitte ou double. La prise de risque d’aller à contre-courant.

Parlant de pronostics et d’avis d’experts du web, il serait intéressant d’organiser une sorte de grand bingo du web social, où certains spécialistes pourraient enregistrer leurs prévisions sur des événements de l’internet social à venir dans l’année. Rien de visible, sauf le jour où l’on pense que la prédiction arrivera…

On le fait ? Sur un blogue ou sur Facebook ? ^^

Think Different

La recherche de demain sera-t-elle sociale ?

Graph Social FacebookLa semaine dernière, j’ai réalisé une présentation à une magnifique audience (comprenez « qui rigolait à mes blagues ») dans le cadre d’un 5@7 organisé par Montréal Accueil. Outre le fait que j’ai parlé pendant plus 1h30 sur les 45 minutes qui m’étaient allouées, des questions m’ont été posées sur Facebook Graph Search. Le sujet était frais de la veille, mais j’avais eu le temps de regarder ce que Facebook avait présenté (la veille, un métier !). Clairement, il y a des interrogations, mais pas encore beaucoup de réponses.

Si je devais vulgariser ma compréhension et les enjeux de cette annonce, voilà ce que cela donnerait.

Facebook a pour objectif de devenir un second internet. Forcément, dans ce walled garden, pas de place pour un autre acteur. Comprenez par là que Google n’a rien à y faire avec ses publicités et son moteur de recherche. Simplement, rivaliser avec Google n’est pas chose simple. Demandez-donc aux équipes de Bing, Yahoo, AltaVista… Mais chez Facebook, ils sont malins. Si je cherche quelque chose, la fait de savoir que mes amis aiment ou bien on laisser un commentaire, cela devrait m’aider à prendre ma décision et donc me faire gagner beaucoup de temps. Donc, si cherche un brunch pas loin de là où je me trouve, Facebook me répondra que Philippe a justement mangé au Vieux Saint-Laurent plusieurs fois cette année. Ses check-ins le prouvent ! Je veux m’acheter une nouvelle télévision ? Mon amie Catherine est très contente de sa Samsung 90″.

facebook Graph Search

Formidable, non ?

Ben non. Pas formidable.

Si sur le papier, c’est bien, à l’usage, ce n’est pas naturel du tout. Alors qu’ironiquement le moteur se veut en langage naturel : « un endroit où mes amis font du ski », « un restaurant que mes amis n’aiment pas », « des gens qui joue au curling dans ma ville ». Sincèrement, déjà qu’on ne se sent pas super intelligent quand on demande à Siri, de façon haute et claire « Que veux dire en français Gangnam Style ? », imaginez tout demander par rapport à ses amis, ses connaissances, les amis de ses amis qui ne sont pas forcément ses ennemis… Bref, je m’égare.

Ca, c’était pour la forme. Mais bon, les goûts et les couleurs…

Mais il y a le fond.

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On fréquente plein de sites internet. Si, si, ne vous voilez pas la face. Mais si vous vous le savez, sachez que Facebook le sait aussi. Car ils savent si vous avez aimez un article (ou plutôt si vous avez cliquez sur le bouton éponyme) mais ils savent surtout si vous êtes venu le lire. Oh, Google aussi me direz-vous. Oui, mais Google n’a pas l’open-graph et n’associe pas systématiquement une page à un type de contenu.

Donc, théoriquement, je pourrais chercher sur Facebook Graph Search « mes amis qui ne lisent pas mon blogue ». Bon, je viens à peine de m’y remettre, donc ce serait chien de ma part, mais tout de même. De la même façon la recherche « mes amis qui vont souvent sur le chaton-super-mignon.com » m’indiquerait efficacement mes amis qui auraient trop de temps libre. Mieux (et utile) : « amis fans de Star Wars mais pas de Star Trek libre samedi soir ». Pire : « personne travaillant avec moi qui étaient sur Internet entre 9h et 17h ». Ou alors jouer les Rapetout : « quelqu’un dans ma ville inscrite à un événement entre 20h et minuit ».

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Bon, là, ça ne devrait rien donner. Car le mouchard de Facebook enregistre mais ne donne pas accès. Du coup, je me retrouve avec une recherche finalement assez tronquée et éloignée de la réalité. Du coup, je veux préserver ma vie privé (ce qu’il en reste) et au minimum choisir ce que je veux partager ou non.

Facebook est un bon outil social. Si, si, sincèrement. Mais peut-on tout socialiser ? Doit-on ? Non, Facebook ne va pas révolutionner la recherche. Et ils sont suffisamment intelligents pour le savoir. Mais allez expliquer ça aux marques et entreprises. Celles qui ciblent le grand public vont y voir une opportunité très intéressante pour y communiquer. Elles y dépenseront des milliers de dollars en publicité. Enfin, c’est le modèle tout du moins. S’attaquer à Google Keywords.

C’est mon avis. À date. À présent, attendons de voir, que l’outil soit officiellement lancé…

Huawei : cet inconnu qui attaque Samsung et Apple

CES Las VegasDernier jour du CES de Las Vegas, le salon le plus high-tech où toute bonne entreprise du secteur se doit d’y présenter ses produits à venir. C’est ainsi que les grandes tendances technologiques sont affichées. Et cette année, on enterre les téléviseurs 3D (yes!) et on accueille les écrans 4K (4.096×2.160 pixels).

Cette édition a aussi permis de voir de nombreuses présentations sur les écrans flexibles, qui nous permettront d’avoir des téléphones cellulaires plus résistants mais aussi de donner une nouvelle dimension aux films, avec un côté « Panavision ». Microsoft, qui se remet des ses lancements de la fin 2013, n’était pas présent directement, mais son Windows 8 était ominprésent chez pas mal de leurs partenaires. Apple non plus n’était pas là, mais en l’occurrence, la pomme a toujours préféré organiser ses petits événements dans son coin.

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Qui a déjà entendu parler de Huawei ?

Je suis persuadé que pas mal de monde connaît cette boîte, donc je ne vais pas prendre de paris. Moi, je ne la connaissais pas en tout cas. Oui, bhooou, quelle méconnaissance. Pourtant, ce fabriquant chinois de Shenzhen existe depuis 1988 et est connu pour ses équipements en réseau télécommunication et des solutions pour entreprise (et encore, c’est récent) et quelques mobile de téléphones mobiles.

Las de voir Apple et Samsung cités en exemple permanents d’entreprises innovantes, l’inconnue (du grand public tout du moins) chinoise a décidé de frapper un grand coup (ouch!) pendant le CES en lançant une gamme complète de téléphones intelligents Android. Simplement, une gamme et un kiosque au CES, ce n’est pas suffisant pour attirer l’attention des média et du petit Damien. Ils ont donc quelques spécificités inédites dans leurs gammes. Je n’ai regardé que le Ascend D2 et le Ascend Mate. Le premier n’est pas celui qui m’intéresse le plus. Surpuissant avec 4 cœurs avec écran 5 pouces Full-HD. Je suis persuadé qu’il fera une parfaite chaufferette de poche pour nos doux hivers mais l’autonomie me fait peur. Non, celui qui m’intrigue le plus, c’est le Ascend Mate.

Huawei Ascend Mate
Je vous cite le titre du communiqué de presse reçu :

« Huawei présente le smartphone à l’écran le plus large au monde :
le smartphone Huawei Ascend Mate et son écran de 15,5 cm »

15,5 cm ? 6,1 pouces ? Mais c’est énorme !

Pour avoir un repère, voici les diagonales d’écrans de célèbres téléphones :

  • Apple iPhone 4 : 3,5 pouces
  • Nokia Lumia 900 : 4,3 pouces
  • Samsung Galaxy Note II : 5,5 pouces

Cet écran géant offre un résolution de 1280×720 et fonctionne même avec des gants (bon point ça). Mais qui peut bien vouloir un téléphone d’une telle taille ? Car c’est trop petit pour un être considéré comme une tablette, mais définitivement trop grand pour un simple téléphone. Et pourquoi pas de super-retina sur cette diagonale, c’est dommage, alors que le Ascend D2, lui, propose sur son écran de 5 pouces une résolution de 1920×1080. On suppose que les investissements sont justifiés et qu’une cible attend ce type de produits.

Au niveau des spécifications techniques, rien de révolutionnaire. Un appareil photo de 8 mégapixels, Wifi a/b/g/n (2.4 ou 5GHz ?), Bluetooth 4. Système Android 4.1 « Jelly Bean » avec interface maison Huawei Emotion UI.

Et si l’innovation de Huaweil était dans la création de niches ? Avoir les moyens de les créer et surfant sur la longue traine pour prendre des parts de marché ?

En tout cas, si Huawei a prévu des prêts au Canada, il me fera grand plaisir de l’essayer.

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Mes prédictions pour 2013 : fin de Facebook et retour de micro-communautés spécialisées

C’est de saison. Il y a ceux qui envoient des messages de bonne année (ce serait ridicule de souhaiter l’inverse) et ceux à l’esprit Maya qui font leurs prédictions, pour l’année en cours. Et autant le dire, dans les média-sociaux et le web en général, ce n’est pas forcément plus simple que de prédire une hypothétique fin du monde.

D’ailleurs, avant de prédire, tel un poulpe, je voudrais faire des constats. Qu’elle est la valeur d’un réseau social aujourd’hui ? Entre nous, plus d’un milliard d’individus qui se pokent, se taguent et commentent leurs blagues potaches, est-ce vraiment ce qui intéresse aujourd’hui les marques ? Oui, autant qu’un média traditionnel, qu’un spot publicitaire ou même qu’une affiche dans une station de métro. Il n’y a pas de fun et il faut le faire. Car on y touche la masse.

Autre constat, ce matin, un ex-collègue a réussi à réunir en moins de 12h plus de 1.000 personnes sur une page. Le sujet : la recherche d’appartement à Paris. Belle performance et beau succès. Mais pour qui ? Lui, il n’en tirera rien. A part un peu de satisfaction. Pour Facebook, c’est une base de contact un peu plus qualifié de personnes en recherche d’appartement. Précieux cette information, qu’ils vont pouvoir revendre à d’éventuels annonceurs.

Non, Facebook c’est comme Capri. C’est fini. Non pas que la plateforme va disparaître demain. Mais son potentiel n’est plus le même. Et d’un point de vue utilisateur, ce n’est pas vraiment mieux.  Des potes y ferment leur compte, moi j’y vire des amis que je ne connais pas (mais qui me reproche qu’on ne pourra jamais devenir amis si je les élimine). Et en plus, Facebook choisis des contenus pour moi et m’en cache d’autre. Bref, je n’y suis plus aussi bien qu’avant.

Mais alors, que devons nous attendre en 2013 ? Un retour en arrière. Mais gravement en arrière. Technologiquement, on a bien avancé. Mais au niveau du contenu, on s’est un peu trop perdu à mon sens. C’est la fin du réseau générique et le renouveau du réseau-social spécifique, de niche, de métier, ou autre. Fini un Facebook où on y croise le Choix du Président, Porsche, Purina, Radio Canada et autre Playmobil. Il n’y a pas de lien entre ces marques.

2013, ce sera alors le retour du forum. Plus évolué, plus social, plus abordable mais toujours aussi spécialisé. D’une communauté qui certains espéraient global nous irons vers de multiples micro-communautés. Et quand vous parlerez automobile, personne ne saura que vous êtes également amateur de Fromages de chez nous. Vous ne serez pas obligé de partager vos opinions politiques avec votre beau frère ni automobile avec votre petite sœur. Non, vous échangerez qu’avec vos paires, si le coeur vous en dit et ne subirez plus alors les publications de la cousine suicidaire ou du pote qui se la raconte et dont vous vous en crissez bien.

Twitter sera la plateforme d’information média. Instagram se focalisera sur les photos de bouffe. Nike, en leader du sport, imposera son Nike+ comme la communauté des amoureux de tous les sports, préemptant l’univers à la barbe de ses compétiteurs qui n’auront pas répondu assez vite au Nike Fuelband. Air France dépoussiérera son Bluenity. Et Facebook, pendant ce temps, sera devenu un Yahoo. Les pages fans permettront d’indiquer la crédibilité d’une communauté face à une autre et donc un annuaire dont l’algorithme sera basé sur l’engagement. Malin ça.

Et les blogues dans tout cela ? Oh, c’est une autre histoire… Ils n’ont pas encore fini leur mutation qui va les mener à devenir de véritables média professionnels et rentables. Par contre, pour le grand public, de nouveaux outils de microblogging vont accompagner les plus jeunes vers le lifelogging (on en a parlé au Webcom cette année). Cela se fera au travers d’objets (on en a parlée à LeWeb cette année) et de bases fermées mais accessibles à la demande. Ainsi, vos données vous appartiendront plus que jamais et vous ne serez plus coincé avec un choix de plateforme définitive.

Enfin, il reste l’avenir du web. Moi, je trouve cela débile à notre époque de devoir lancer une application qui va s’ouvrir dans une fenêtre pour accéder à Internet tant ce dernier est présent partout dans mon environnement. Mon téléphone intelligent a rendu le navigateur obsolète et remplacé par des applications qui vont chercher le contenu. Toujours lui, le roi du web. Les données dans le nuage n’est qu’un concept non révolutionnaire mais présenté avec un peu de poésie. C’est pourtant très clairement ce vers quoi nous allons, tout dépendant de la bande passante disponible et des quotas de transferts qui nous sont alloués.

Voilà ce que je vois, dans mon petit cerveau et sans aucune boule de cristal. La prédication ne se doit pas d’être réalisé, il n’y a aucune garantie de résultat dans cet exercice. Mais vous voyez ainsi à travers de mon âme. Et si cela arrive, alors, peut-être, reprendrons-nous du plaisir de partager et d’aider. Et c’est tout le mal que je nous souhaite.

Amen.

 

Connect 2012 : Semaine des affaires numériques à Montréal

Oui, Montréal c’est la ville du Festival de Jazz, des Francofolies ou même de Juste pour Rire. Mais il y a aussi des choses sérieuses (et intéressantes) qui s’y passent. Vous avez compris que je ne vais donc pas vous parler de la belle performance de Canadiens cette saison. D’ailleurs, le titre de ce billet contenait un indice. Oui, je vais présenter de Connect 2012.

Attention, voici un (presque) copié-collé (avoué, donc à moitié pardonné, non ?) : En mai 2012, près de 3 000 professionnels des industries du numérique, des technologies et des communications se réuniront autour de sept événements majeurs au centre-ville de Montréal. Au delà de 90 conférences, études de cas et ateliers réuniront plus de 120 conférenciers, dont 30 issus de la scène internationale. La présence d’une vingtaine de blogueurs reconnus (on va dire 19, car personne ne me reconnait dans la rue) provenant d’une dizaine de pays différents assurera une large couverture médiatique.

Pour ceux qui suivent un peu, j’étais conférencier l’an dernier au Webcom. Cet événement majeur (et unique en son genre) fait aujourd’hui partie de cette semaine dédiée aux affaires numériques (qui mes camarades hollandais français appelleront digitales). A cette conférence se rajoute, entre autre, la Boule de Cristal, qui abordera les sujets sur les enjeux des TI au Québec et MixMedias, plus orienté sur la monétisation des contenus.

Outre le fait que ma chère et tendre épouse participera à une table ronde sur les femmes et le commerce en-ligne, et que mon pote Charles Nouyrit parlera d’identité numérique (on a hâte de découvrir ta mise en scène cette année), j’ai planifié quelques conférences que je ne souhaitais pas manquer, comme celle de Gordon Bell qui parlera de Big Data, de Jeremiah Owyang qui parlera prospective ou encore celle de Stowe Boyd dont le sujet sera « Curation In A Liquid Media World ».

Il est encore temps de s’inscrire au Connect 2012 pour ne pas manquer cet événement.

Au plaisir de vous y croiser !

LeWeb 2011 : Analyse et prospective

Je n’ai pas blogué en direct depuis LeWeb car une grande partie de mes comparses s’en sont chargés avec brio. Et puis, j’ai besoin d’un petit peu de recul pour savoir quoi en penser, en m’éloignant un peu de l’enthousiasme que cet événement suscite.

Si la grande thématique était le SOLOMO, il restait néanmoins de belles traces du sujet de la précédente édition sur Les Plateformes. Ces plateformes qui sont d’ailleurs aujourd’hui le cadre et le support des applications SOLOMO. Mais plus que jamais, il semble inévitable que tous ne voient plus aucun avenir à l’internet de papa et de maman que l’on connaît. Les navigateurs sont obsolètes. Alors, pourquoi Google investit autant sur Chrome, le fureteur maison ? Pour en faire un pan majeur de ses applications. Car oui, l’applicatif, les apps comme Apple a imposé l’expression, représente la plateforme de demain, notamment dans l’univers du SOLOMO.

Alors, est-ce que tout sera SOcial, LOcal et MObile demain ? Peut-être pas tout, non, mais il est évident que le mobile, qu’il soit téléphone ou tablette, est là où tout devrait se jouer. Quand Eric Schmidt vient parler, il commence par s’attarder sur Ice Cream Sandwich qui serait enfin la version d’Android qui va bouleverser le marché. Il ne parlera par contre pas de Chrome OS ni du marché de la recherche. Dans un tout autre registre, Karl Lagerfeld n’a parlé que de ses iPhone et de ses iPad. Et dans les couloirs, les startupers dévoilaient des applications mobiles essentiellement. Souvenir ému de la grande époque du WAP.

Et justement, ces petits acteurs du web, auront-ils une place dans le web de demain ?  Georges Colony, CEO de Forrester Research pense que oui, mais que les gros, Facebook et Google, ne vont pas se laisser faire. Il y a de l’espoir donc. En tout cas, il y a beaucoup d’énergie pour essayer de lancer de nouveaux services, certains tout de même assez fantaisistes, et à moins qu’ils se fassent tous absorber pas un plus gros poisson, ont devrait voir naître de bons compétiteurs.

Cette édition de LeWeb a donc été très riche. On en apprend toujours plus dans espaces réseautages que dans les plénières. Je constate aussi que ce n’est pas ceux qui ont le plus grande PageRank et le plus de Followers qui ont forcément les meilleures idées.

Je reviens donc de LeWeb remonté à bloc, comme une batterie rechargée à 200%. Et j’ai bien des idées en tête…

Merci encore à Loïc et Géraldine Le Meur pour la magnifique organisation (et ils n’ont pas chômé) et Frédéric et Stéphanie pour l’accréditation Blogueur Officiel qui m’a permis cette année encore de faire parti de ceux qui y sont.

Rendez-vous l’an prochain.