Politique et média-sociaux font-ils bon ménage ?

On attaque souvent les réseaux sociaux, et plus particulièrement Facebook, d’atteinte aux droits privés des individus. C’est discutable, car chacun doit être responsable face aux contenus qu’il met en ligne sur ces sites. Par contre, l’exploitation commerciale qui en est faite est problématique.

Ce midi, je me suis fait cibler par une bannière du NPD, m’invitant à soutenir leur candidat local. Belle campagne géographiquement ciblée sur Facebook (sur une base de données déclarative, car je peux dire à Facebook que j’habite au Togo et me voilà exposé à d’autres messages). Non, ce qui me dérange le plus, c’est qu’un parti politique peut décider de me cibler en partant d’autres paramètres que ma simple localisation géographique.

On pourrait donc imaginer un ciblage comportemental plus fort. Un ciblage géographique toujours, couplé aux goûts de nos cibles. Ils aiment « Ford » et « Chevrolet » ? Un message proautomobile ! Ils aiment « Greenpeace » et « Toyota Prius » ? Un message écologique. Les possibilités sont énormes. Et le modèle cost-control de Facebook (les campagnes sont au CPM ou au CPC) fait que les campagnes ne vont presque rien coûter aux partis (lié au fait que les gens vont peut cliquer sur les bannières d’un parti).

Ainsi, voici l’équation du succès d’une belle campagne bien cheap :

Pas de clic = budget intouché = rotation gratuite

Ce serait possible également avec Google AdSense, mais ces derniers n’acceptent pas campagnes politiques.

En allant plus loin que la campagne publicitaire, il y a les pages « Fan » de ces partis. J’ai été voir les pages politiques françaises du Front National et de Marine Le Pen, et j’ai pu constater qu’aucun de mes amis Facebook « n’aimait » ce parti. Pas publiquement en tout cas. Par contre, il suffit de regarder les « Like » sur les articles et les commentaires pour voir qui adhère aux idées du parti. Je ne vais pas juger des personnes en fonction de ce qu’elles votent, au nom de la démocratie, de la République et de la liberté de leur choix. Il n’empêche, je n’aimerai pas m’afficher sur ces pages, à la vue de tous. Pourtant, quelques-uns de mes amis s’y affichent tranquillement. Au PS, à l’UMP ou même sur la page de Nicolas Sarkozy. « Pour faire de la veille » me dira-t-on. Peu importe la raison. Adhérer, c’est s’afficher. Et Facebook ne propose aucun moyen de devenir adepte d’une marque de façon anonyme.

Puis il y a aussi l’arnaque. Je peux vous faire croire que cliquer sur le bouton « J’aime » ci-dessous vous fera devenir fan de « H&M ». Essayer de cliquer dessus, mais j’ai bien peur que vous deveniez fan de tout autre chose en fait… Oui, il y a tromperie. Mais ça peut vous arriver en regardant une simple vidéo « virale » (regardez un article publié juste avant). Alors, vous cliquez sur ce bouton « J’aime » ou pas ?

Attention à vos actes sur Facebook. Sachez qu’il n’y a pas que vos amis qui y ont accès. Et si nos amis les politiques pouvaient se cantonner à habiller les lampadaires de ma rue plutôt que les colonnes de Facebook, ça m’arrangerait bien.

3 commentaires sur “Politique et média-sociaux font-ils bon ménage ?

  1. Salut Damien, effectivement on a déjà testé des campagnes et tu fais beaucoup de PAP pour pas grand chose en budget.
    Pour info Google n’interdit pas les partis politique de faire des campagnes d’adsense, en revanche il y a des dates à respecter avant les campagnes. Tu n’as plus le droit de faire des campagnes online pendant les 3 mois avant l’élection.
    A bientôt

  2. De toute façon, sans cliquer sur le bouton « j’aime ». Quand il apparait sur un site, facebook le sait, et rien ne nous prouve qu’ils n’utilisent pas déjà tes données en pistant ce que tu lis sur les blogs (même si tu n' »aimes » pas).

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