L’Internet canadien est-il compatible avec les nouveaux usages du web ?

Cela fait maintenant 6 mois que je suis client de Videotron, un des plus importants fournisseurs d’accès Internet au Québec. Internet, vous savez, cet espace où l’on trouve tout type de contenus. Avec un taux d’équipement probablement plus élevé que la moyenne, j’ai pris une de leurs offres les plus gonflées, le TGV30. Pour 69,95$ par mois, sans les taxes, j’ai droit à un débit de 30 Mbit/s (que speedtest.net me confirme) avec 2 Mbit/s en téléversement. Le hic, c’est que c’est de l’Internet limité. J’ai droit à 120 Go de trafic par mois, aval et amont cumulé. Après, je suis 1,50$ du gigaoctet en supplément.

Et bien ce n’est pas beaucoup 120 Go par mois. Je ne parle pas de services de P2P (même si…) mais si on ne veut pas compter, on dépasse cite ce « quota ». Je m’explique.

À la maison, j’ai 3 Mac, 3 iPhone et 1 iPad. Hier, j’ai mis à jour XCode via l’Apple AppStore. La deuxième mise à jour du mois. On est donc rendu en cumulé à 8 Go. Nous avons également eu 2 mises à jour d’iOS pour iPhone et iPad.  À 70 Mo la mise à jour, c’est un petit 280 Mo de plus. Puis il y a la mise à jour d’iTunes (25 Mo x 3). Et toutes les applications pour nos appareils iOS, achetées et mises à jour. Sans compter les courriels reçus en envoyés, les petites vidéos à droite et à gauche, le surf quotidien, les morceaux de musique achetés sur iTunes, mes fichiers sur Dropbox qui se synchronisent à la moindre modification… Et je ne parle pas de la sauvegarde hebdo de mon NAS sur mon serveur dédié. Bref, les 120 Go sont trop vite atteints.

Après, je me dis que j’aimerais bien me prendre un abonnement Netflix ou louer plus souvent des films sur iTunes. Oui, mais non, avec le prix de la bande passante, ces achats ne sont pas du tout raisonnables, car le moindre film comprend la taxe Videotron.

Surfer en étant obligé de compter et d’être raisonnable n’est plus compatible avec l’offre en contenus disponible sur Internet. Et quand on a été habitué au tout illimité (téléphone, Internet et télévisions) en France pour 41$, taxes incluses, et bien cela fait mal.

Videotron est cité, car je suis client de cet opérateur, dont je suis globalement satisfait, mais l’offre de Bell est équivalente, avec des débits plus faibles toutefois. Donc je n’accuse pas la filiale du groupe Québécor, mais plutôt le CRTC qui devrait mettre un petit peu d’ordre sur le marché. Dans un contexte d’élection, je m’étonne qu’aucun candidat ne prenne position sur une véritable libéralisation de l’offre et d’ouverture des réseaux à la concurrence. Malheureusement, ce n’est pas le trop Conservateur Harper qui va se lancer dans cette bataille, préférant la censure et la maitrise des ces espaces où des gens s’expriment librement. Le Bloc n’a pas d’intérêts particuliers sur cette thématique, ils ont d’autres thématiques à défendre. Les Libéraux ont trop de travail pour faire accepter le jeune monsieur Ignatieff à la tête du parti. Reste Jack Layton et son NPD, peut-être. Mais bon…

Je rêve donc d’un Internet canadien en phase avec mon usage, qui ne vienne pas brider mon imagination et mes espaces d’expression. Qui me permet d’acheter sans être taxé. De sauvegarder mes données plus souvent, sans compter. Je veux un Internet qui ne soit qu’un canal et totalement transparent pour son utilisateur.

4 commentaires sur “L’Internet canadien est-il compatible avec les nouveaux usages du web ?

  1. C’est la même chose en Belgique.
    Je me demande si la France ne serait pas une exception en fait.

  2. Oui, je vois ce que c’est aussi. C’est sûr que y’a du changement à faire dans les habitudes prises.

    Chez nous, on a le même abonnement Videotron, par câble, parce que Bell, la qualité est très mauvaise (St-Urbain/Mont-Royal).

    Après, c’est vrai que ça fait mal. Habituée à regarder mes séries en streaming, j’ai vite déchanté en voyant la facture pour le Go supplémentaire (et avant, ça coutait 6 dollars/Go). J’avais le goût de prendre Netflix, mais je suis finalement revenue vers Zip.ca, qui me livre mes DVD en 2 jours.

    Le débat fait rage pour illimiter Internet au Canada, chose que font les sous-locataires de bande-passante. Mais les grands font pression pour que ça passe à l’User-based biling.

    Tout ça pour dire, je comprends la frustration, surtout quand on compare avec nos « box ».

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