Week-end en Beauce

Vendredi, 17H12, au bureau, mon mobile sonne.

« On est en baaaaaas ! »

Je plisse les yeux et regarde mon boss assis à côté de moi alors que je postais une note sur un autre blog. Je réponds.

« Oui, bien entendu. D’ici 10 minutes. »

Je raccroche. Quelques cliques à droite, puis à gauche… C’est fait. J’ai fini ma journée. Ma semaine (et quelle semaine). Je prépare mes affaires, souhaite une bonne soirée à Ekzit via Google Talk, salue mes collègues qui fêtent la naissance d’un collègue (ou de son fils plutôt), vais dépanner rapidement Bao qui souhaite archiver sa photothèque iPhoto, puis cours dans l’escaliers en criant

« Bon week-end à tous ! »

La Polo familiale pommée au cul m’attend. Etrangement, une paire de pieds dépasse de le fenêtre côté passager.

« Pas trop tôt ! »
« Ouep, il y avait un pot, donc le temps de boucler ce que je devais faire… Enfin bref, je prend le volant ? »
« C’est bon »

Le moteur démarre. J’ai à peine le temps de m’asseoir sur le ré-hausseur de Mademoiselle que la Polo se mit à rugir dans le rue René Bazin. Je salue mon beauf, qui a pris soin de rentrer ses pieds dans l’habitacle, ce qui est plus sur quand Madame est au volant, et je commence à raconter ma journée. Nous passons en éclair sur notre île prendre un bagage léger, puis à l’école isséenne la plus proche où nous avions déposé notre fille le matin même en centre aéré. J’en profite pour prendre le volant, j’ai eu suffisamment de temps fort cette semaine pour me rajouter du stress. Nous sommes tous harnachés. J’enclenche la première. Moins d’une minute après, je désigne fièrement comme un coq l’immeuble où habite Ekzit, sa Madame et sa Mademoiselle. Tout le monde semble s’en foutre royalement. Nous continuons à travers Meudon pour rattraper le N118 puis l’A10. Mais bien avant tout cela :

« Papa, j’ai soif… »

BeauceNous nous perdrons 10 bonnes minutes le temps de trouver un dépanneur. Goûter et pipi réglés, nous reprenons notre périple. Il est 19h15 quand un panneau nous annonce, non sans fierté « Vous êtes dans la Beauce ». Nous sommes donc officiellement arrivé dans le trou du cul du monde ! Je ne sais pas encore à ce moment si c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle…

Le cousin de Madame (et de beauf donc) est situé au beau milieu des champs. Des champs de patates. Des champs d’oignons. Des champs de maïs. Des champs d’échalion (Word me souligne étrangement ce mot en rouge, à vérifier). Mais nous y reviendrons plus tard… Cousin et son amie nous accueillent donc, et rapidement nous attaquons l’apéro. On comprendra que l’apéro semble être l’attraction du coin la plus sympathique. À toute heure. Le voisin de cousin, qui semble plus être chez lui que chez Cousin, s’est attablé avec sa dame. Je suis particulièrement déçu de ces autochtones. Je m’attendais plus à Raymond et Ginette. Loin de là, lâché en plein Paris, leur accent les trahirait à peine. Peut-être pas plus mal pour cette soirée. Nous dormirons sur place, on va attaquer les bouteilles sans scrupule. Le temps d’installer Mademoiselle à l’étage devant la famille Incroyables (Mademoiselle s’identifiant à Violette), de pousser le Super Boost Woofer à fond les manettes, et de régler par téléphones mes agendas avec Vinvin Entertainment® pour ne rien caler au final, je redescends dans le salon, où fusent les discussions. J’écoute. J’observe. Je picole un peu. J’apprends des choses fabuleuses que tous citadin qui se doit ignore.

Voisin_1Voisin est un paysan version moderne. Son boulot, il le connaît. Il le connaît bien même. Chaque tracteur qui passe devant chez lui (enfin devant chez Cousin en fait) lui fait dresser les oreilles. C’est du tonnage qui passe. Son look, c’est jeans et chemisette. Ça ne l’a pas empêché de commencer en bas, dans la boue. Là où on apprend le boulot. Celui de la terre. Celui que je fais semblant de connaître en faisant juste pousser mes 6 plans de tomates. Son business, c’est 6% de part de marché nationale. N’oublions pas que nous sommes dans l’Ukraine française, le grenier de la France. Je trouve ça énorme. Expliqué par lui, ça en devient passionnant. Son boulot, c’est bien plus que de ramasser des échalotes et de les revendre. Il faut les traiter, les conditionner, les stocker, les distribuer. Il nous évoque tout ça, mais cela reste malgré tout assez flou à nous, petits parisiens blasés que nous sommes. Voisin nous propose de nous faire visiter la ferme ce samedi. Nous acceptons tous avec joie, même si la perspective de marcher dans de la boue dans une vieille étable reconvertie en semi-industrie agricole n’est pas non plus une grande nouveauté. Ce que je pensais…

Nous terminons les quelques bouteilles de (bon) vin qu’il reste. Quelques tours de tarots plus tard, 3 heures avant que le soleil ne se lève, nous allons nous coucher. Je hoquette. Le coq semble me répondre. Que c’est con un coq. Je ferme mes yeux, éteins mes neurones.

« Cocoricoooooooo ! »

Je vous le confirme, je n’aime pas la campagne.

à suivre…

8 commentaires sur “Week-end en Beauce

  1. Etant le premier a commenter, je vais faire un effort :
    « ben, fallait pas y aller! »
    Je pense que tu appréciera ma prestation à sa juste valeur.
    Au fait il va falloir accorder vos agendas.

  2. J’allais oublier :
    Preuuuuuuuuuuuuuuuums!
    putain que c’est bon. preums chez toi et chez il y a quelques jours.
    Comme disait T. Rolland :
    « Après ça, on peut mourir »
    Quel con, ce thierry!

  3. ha ha ha Fred ! Quelle référence !!!
    Va falloir arrêter de synchroniser vos agendas, on va bientôt se croire dans Mission Impossible…

    Et ba moi aussi je suis passé devant chez toi samedi m’sieur Dam ! Y a des constructions en cours qui pourraient me donner l’envie de venir poser mes guetres à deux pas de chez toi (c vrai qu’on est déjà loin actuellement), si ce n’est le prix que je suppose astronomique…

    Ha le citadin en pays barbare !!! A relire chez moi, la note « voyage initiatique au pays du Torgoule »

  4. et dans le trio de tête…
    Non, sans blague, t’aime pas la campagne ? Et qui c’est qui va les cultiver tes 5 fruits et légumes que, en bon citoyen, tu consommes chaque jour ?
    Non, en fait, je suis sûre que tu es nostalgique des veillées d’antan, c’est ça qui te manquait.

  5. Bon, moi, pas très bucolique, j’aborde Post-it express.

    J’ai copié-collé le code dans le blog (barre latérale droite, sous la fenêtre de chat). Mais ça ne marche pas : j’essaie, sur le site, d’activer la fonction ‘ poster un message ‘. Tout reste identique… et figé. Gnerk.

    Salutations toulousaines (d’où il fait beau, en ce moment) – Bien sincèrement,

    Lionel – http://www.toulouseblog.accueilweb.com

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